20 Septembre 2025
Le Pentagone a introduit de nouvelles règles radicales qui renforcent considérablement les restrictions imposées aux journalistes couvrant l'armée américaine. Ces derniers doivent signer des déclarations sous serment s'engageant à ne pas publier de documents n'ayant pas été officiellement autorisés à être diffusés.
Ces mesures limitent également la liberté de circulation des journalistes au sein du siège du ministère de la Défense.
Les directives, présentées dans une note de service diffusée le vendredi 19 septembre, stipulent que les médias doivent accepter les nouvelles conditions pour conserver leur accréditation. Les journalistes sont désormais tenus d'obtenir une autorisation explicite avant de publier des informations, même lorsque celles-ci ne sont pas classifiées. Ces règles s'appliquent aux informations classifiées et dites « non classifiées contrôlées », qui couvrent un large éventail de communications internes et de détails opérationnels.
La note de service insiste sur le fait que le Pentagone « resterait attaché à la transparence afin de promouvoir la responsabilité et la confiance du public », mais ses détracteurs affirment que ces règles s'apparentent à de la censure. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, défendant les changements sur les réseaux sociaux, a déclaré : « Ce n’est pas la presse qui dirige le Pentagone, c’est le peuple. La presse n’est plus autorisée à circuler dans les couloirs d’un complexe sécurisé. Portez un badge et respectez les règles, ou rentrez chez vous.»
Outre les restrictions de contenu, les journalistes seront confrontés à de nouvelles restrictions physiques au sein même du Pentagone. Ils ne pourront plus se déplacer librement et auront besoin d’escortes pour accéder à de nombreuses zones du complexe.
Cette décision fait suite aux efforts soutenus de l’administration du président Donald Trump pour exercer un contrôle plus strict sur la couverture médiatique. Le président avait précédemment suggéré que les articles négatifs sur son leadership pourraient être « illégaux », suscitant les critiques des défenseurs de la liberté de la presse.
Hegseth lui-même a fait l’objet d’une surveillance par le passé. Plus tôt cette année, il a été critiqué pour avoir révélé le calendrier des frappes aériennes américaines contre les forces houthies au Yémen lors d’une conversation privée sur Signal, à laquelle participait par inadvertance un journaliste. Des rapports ont également indiqué qu’il avait partagé des informations sensibles dans un autre groupe, dont son épouse.
La réaction aux nouvelles restrictions médiatiques a été rapide. Un porte-parole du New York Times, qui s'est fréquemment opposé à Trump, a qualifié ces règles de « nouvelle étape d'une tendance inquiétante à réduire l'accès aux activités de l'armée américaine aux frais du contribuable ».
Mike Balsamo, président du National Press Club, a condamné ces restrictions dans un communiqué exhortant le Pentagone à les abroger. « Si les informations concernant notre armée doivent d'abord être approuvées par le gouvernement, le public ne bénéficie plus d'informations indépendantes. Il ne reçoit que ce que les responsables souhaitent qu'il voie. Cela devrait alarmer tous les Américains », a-t-il déclaré.
Cette politique devrait intensifier le débat à Washington sur la transparence, la responsabilité et les limites de la liberté de la presse, à un moment où les relations entre l'administration Trump et les principaux médias restent très conflictuelles.
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